mardi 10 novembre 2009

L'illusion du rendement des fonds propres


Bon nombre d'investisseurs utilisent le ratio de rendement des fonds propres comme pierre angulaire lors de leurs décisions d'investissement. Plus communément appelé ROE (Return On Equity), ce ratio est un indicateur de la rentabilité des capitaux que les actionnaires ont investi dans une entreprise.

Il se calcule comme suit :

ROE = Capitaux Propres / profits.

Plus le ROE est élevé, cela signifie que l'entreprise génére davantage de profits pour chaque Euro investi.

Prenons un exemple pour illustrer notre propos.

Soit l'entreprise A et l'entreprise B, deux entreprises qui ont un taux de croissance similaire toutes choses égales par ailleurs.

Croissance A = croissance B = 5%

Pour l'exercice N, leurs fonds propres respectifs sont de :
Fonds propres A = 100 M EUR
Fonds Propres B = 50 M EUR

Les ROE historiques de l'entreprise A et de l'entreprise B sont constants dans le temps.

ROE A = 20 %
ROE B = 10%

Ce qui signifie que les profits attendus pour l'exercice en cours sont de :

Profit entreprise A = 100 x 20 % = 20 M EUR
Profit entreprise B = 50 x 10 % = 5 M EUR

Sur la seule base de ces caractéristiques, tout autre élément étant comparable par ailleurs concernant ces deux entreprises, vers laquelle seriez-vous tenté d'investir ?
L'entreprise A, bien évidemment, qui a certes le même taux de croissance que l'entreprise B, mais qui est plus rentable et qui possède plus de fonds propres.

Maintenant, revenons à la réalité. Ces deux entreprises sont cotées sur un marché réglementé et la valorisation boursière des entreprises A et B est la suivante:

Capitalisation boursière de l'entreprise A = 300 M EUR
Capitalisation boursière de l'entreprise B = 40 M EUR

L'investisseur qui continue à baser son investissement sur le seul critère du ROE, décidera d'investir dans le l'entreprise A. Maintenant que vous avez connaissance des valorisations boursières des deux entreprises, continuerez vous à investir dans l'entreprise A ?

Nous pensons que l'investissement dans l'entreprise B est un bien meilleur investissement. Démonstration en 2 points:

1) A 40 M EUR, l'entreprise B est valorisée moins que ses fonds propres, alors que l'entreprise A est valorisée 1,5 x ses fonds propres. Le risque est donc beaucoup plus important, sur la simple considération des actifs, d'investir sur l'entreprise A plutôt que sur l'entreprise B

2) En considérant un taux de croissance de l'activité de 5%, les deux entreprises ont un PER bien différent :
PER entreprise A = 300 / 20 = 15
PER entreprise B = 40 / 5 = 8

Ce qui signifie qu'à taux de croissance identique, l'entreprise B coûte près de 2 fois moins chère que l'entreprise A en terme de valorisation des profits futurs. En effet, il ne faut pas confondre rentabilité des fonds propres et croissance des profits. Avec l'entreprise B on paie pour un
"rêve" un peu moins cher et plus réaliste.

A Valeur et Profit, nous pensons qu'il est essentiel pour l'investisseur dans la valeur de toujours "penser relatif". Ce ne sont pas les ratios financiers en tant que tels qui doivent servir d'indicateurs, mais l'asymétrie entre la valorisation que le marché fait d'une entreprise et sa véritable valeur intrinsèque qui doivent orienter les décisions d'investissement.

Il vaut mieux payer une entreprise sans prétention et rentable pour une bouchée de pain plutôt qu'une entreprise considérée comme une perle et portée aux nues par les marchés que vous paierez un prix excessif. C'est un conseil que nous vous donnons pour dormir tranquille.

mercredi 4 novembre 2009

Mauvaise nouvelle ? Bonne nouvelle !

WILLIAM DE PRÉMOREL-HIGGONS, gérant de la SICAV Indépendance et Expansion nous explique un des principaux avantages de la gestion Value (dans la valeur) par rapport à la gestion Growth (dans la croissance).


"Plus récemment, la clé du succès des stratégies valeurs a été recherchée dans la psychologie financière (behavioural finance). En 1998, dans Contrarian Investment Strategies : The Next Generation, David Dreman a montré que le succès des stratégies valeur dépendait notamment des différents effets de surprise sur les actions mal valorisées (dernier quartile) et les actions les mieux valorisées (premier quartile). En cas de surprise désagréable, les actions mal valorisées progressent comme l’indice après un an, alors que les actions bien valorisées sous-performent de 10,8 %. En revanche, en cas de surprise agréable, les actions bien valorisées gagnent 1,8% et les actions mal valorisées 8,6%.D’après Dreman, seuls 29 % des résultats trimestriels aux États-Unis ne sont pas surprenants (écart de + ou – 5% par rapport au consensus) et la probabilité de ne pas avoir de surprise désagréable est de 1/110 pour dix trimestres.

Mais l’explication la plus satisfaisante est que les participants au marché financier ont besoin de repères (anchor). Une société qui a eu une forte croissance est donc supposée pouvoir maintenir cette caractéristique dans le futur, même si des travaux statistiques ont démontré que cette croyance n’était pas fondée (voir Chan,Karceski, Lakoniskok, «The Level and Persistence of Growth Rates », University of Illinois Working Paper, mars 2001). Les investisseurs valeur sont moins la proie de cette illusion que les autres investisseurs, et ce supplément de rationalité se traduit par une rentabilité plus élevée."


Pour résumer, une action fortement décotée par rapport à sa valeur intrinsèque ne sera que faiblement affectée si elle annonce un mauvais résultat. Alors qu'un titre de croissance fortement valorisé connaitra une chute sévère de son cours en cas d'annonce d'une mauvaise nouvelle. En effet, les investisseurs réagiraient négativement dans un tel cas, alors que pour le titre décoté, on peut facilement imaginer que "toutes" les mauvaises nouvelles sont intégrées dans le cours.

dimanche 1 novembre 2009

Reporting mensuel - Octobre 2009

Vous trouverez ci-dessous le reporting du mois d'octobre.

Deux conseils uniquement : achat ou vente.

Vous pouvez télécharger le fichier du mois d'octobre au format .PDF ici : 2009.10 - Reporting mensuel.pdf


Commentaires du mois :
Les comptes semestriels de INFE et le CA T3 on été publiés
La Française des Jeux a publié son rapport annuel 2008.

Vie des titres

INFE
Le profit du 1er semestre est de 4,1 M EUR. Le chiffre d'affaires du 3ème trimestre est en baisse de 2,4 % / 2008.
Le carnet de commandes au 1er octobre est de 123,2 M EUR.

IDSUD
Le profit de la Française des jeux pour l'exercice 2008 a été de 117 M EUR.
Analyse à venir.

Moury Construct
RAS

Orsus
RAS.

COFIGEO
RAS.

Rendement moyen

Depuis la publication des analyses, le rendement moyen est de 12,5 %.

N'hésitez pas à consulter les analyses de Valeur et Profit.

vendredi 30 octobre 2009

COFIGEO : des actifs pas chers !


Nous vous présentons aujourd'hui une entreprise dont les titres sont côtés sur le compartiment C d'Euronext à Paris. COFIGEO est une société spécialisée dans les plats cuisinés et les sauces appertisés qui distribue les marques Raynal & Roquelaure et Zapetti. Vous aurez plus d'infos sur le site commercial de l'entreprise : http://www.raynal-roquelaure.fr.













COFIGEO a racheté les sauces Buitoni à Nestlé France en Janvier 2008


Code = GEOF
Code ISIN = FR0000035008
Lien euronext : http://www.euronext.com/trader/summarizedmarket/stocks-2593-FR-FR0000035008.html?selectedMep=1

En date du 30.10.09 à la clôture, le titre côte à 171,00 EUR. Le capital étant composé de 74 453, COFIGEO est donc valorisée 12,7 M EUR.

Ce qui nous a attiré sur ce titre est la qualité de ses actifs fortement sous valorisés par le marché.

Nous allons valoriser les actifs de COFIGEO en deux étapes, tout d'abord avec les actifs liquides (= les actifs courants) et ensuite avec les biens immobiliers.

L'actif courant

Au 30.06.09, les actifs courants de COFIGEO sont évalués à 48,9 M EUR dans les comptes consolidés semestriels, soit 657 EUR par action.

Ils se décomposent de la façon suivante :
- Stock = 22,5 M EUR (équivalents à 2 mois d'activité)
- Poste client = 18,2 M EUR
- Autre actif courant = 3,9 M EUR
- Trésorerie = 4,3 M EUR

Nous vous rappelons que les actifs courants sont censés être réalisés (c'est-à-dire "transformés en cash") en moins d'un an. Ce sont les actifs les plus liquides et que l'on peut donc estimer avec une grande fiabilité.

L'immobilier

Pour estimer le patrimoine immobilier de COFIGEO, nous nous reportons aux comptes consolidés du 31.12.08.

Nous allons nous intéresser aux immobilisations corporelles - note C2 des comptes consolidés 2008, p.15.

Sur l'ensemble des immobilisations corporelles, seules trois types d'immobilisation vont nous intéresser car leurs valeurs nous paraissent plus stables dans le temps : les terrains, les constructions et les immeubles de placements.

La valeur brute, c'est-à-dire la valorisation des actifs sans réévaluations au fil des ans et avant amortissements, inscrite dans les comptes au 31.12.08 est respectivement de :

- Terrains = 2,9 M EUR
- Constructions = 21,0 M EUR
- Immeubles de placements = 1,6 M EUR

Nous allons effectuer quelques retraitements.

Concernant les terrains, nous estimons que le risque que ceux-ci se soient dépréciés depuis leur inscription dans les comptes de la société est très faible. Nous pensons même que leurs valeurs ont pu fortement s'apprécier sur la période. Néanmoins, par conservatisme, nous allons les valoriser à seulement 100% de leur valeur brute inscrite au bilan, soit 2,9 M EUR.

Pour les immeubles, il est difficile pour un individu lambda d'estimer leur vétusté et leur valeur vénale actuelle. Même si les photos que vous pouvez voir sur le site de l'entreprise nous laisser penser que les actifs sont de qualité, nous n'allons retenir que 80% de leur valeur brute. Ceci constituera notre marge de sécurité.

21,0 M EUR x 80 % = 16,9 M EUR

Enfin, les immeubles de placements sont valorisés 1,6 M EUR avant amortissement. Or, nous pensons qu'ils sont très largement sous valorisés. En effet, si vous regardez le compte de résultats 2008 - p.5 du même rapport -, les dits immeubles ont généré un revenu de 413 k EUR.
Si nous retenions la valeur de 1,6 M EUR, cela voudrait dire que les immeubles de placement ont un rendement de 1,6 M EUR / 0,4 MEUR = 25% ! C'est bien évidemment excessif. Un rendement de 10% nous semble plus réaliste.

Loyer annuel : 413 x 10 = 4 130 k EUR = 4,1 M EUR.

Nous pouvons donc estimer la valeur total de l'immobilier à : 2,9 + 16,9 + 4,1 = 23,9 M EUR, soit 321 EUR par action.

Notez que dans notre analyse, nous considérerons la valeur des actifs incorporels (marques, brevet ou Goodwill) et des actifs autres que l'actif courant et les immeubles (tels que les installations techniques et autre créances) pour 0.

Vous pouvez juger de la qualité de l'immobilier de COFIGEO en vous référant aux sites industriels de la société : ici. Ces actifs sont situés dans le Sud de la France à Capdenac-Gare, Sainte-Livrade-sur-Lot et Camaret-sur-Aigues.

Nous allons rationaliser notre estimation avec les surfaces des biens immobiliers fournis sur le site de la société.

- site de Capdenac (usine + siège social) = 8 400 m²
- site de Sainte-Livrade sur Lot (usine) = 45 000 m²
- site de Camaret-sur-Aigues (usine) = 31 000 m²
- entrepôt logistique de Capdenac = 3 700 m²

Soit une surface totale de 88 100 m² que nous avons estimé à 23,9 M EUR, ce qui signifie 271 EUR / m². Cette estimation nous semble rationnelle.

Maintenant, nous pouvons valoriser les actifs identifiés à : 48,9 M EUR (actifs courants) + 23,9 M EUR (Immeubles) = 72,8 M EUR, soit 978 EUR par action.

A ces actifs, nous allons soustraire l'ensemble du passif du bilan ainsi que le hors bilan connu.

Au 30.06.09, le passif inscrit au bilan (cf. p.4 du rapport semestriel) est de :
- passif non-courant = 10,5 M EUR
- passif courant = 27,5 M EUR

Le hors bilan identifié, sous forme d'engagements financiers était de 1,5 M EUR au 31.12.08.

L'ensemble du passif peut être correctement valorisé à : 10,5 + 27,5 + 1,5 = 39,5 M EUR, soit 531 EUR par action.

Nous valorisons ainsi les titres COFIGEO en ne prenant en compte uniquement que les actifs que nous avons vu à : 72,8 - 39,5 = 33,3 M EUR, soit 447 EUR par action.

Enfin, nous ne tenons pas compte dans notre estimation de COFIGEO de la capacité bénéficiaire de l'entreprise qui a dégagé en moyenne sur les 5 dernières années un résultat net de 1,3 M EUR (amortissements inclus bien entendu) ainsi que de la vente de l'entité Entr'acte qui était déficitaire depuis de nombreuses années.

Nous ne prenons pas en compte les bénéfices futurs de COFIGEO car nous ne pouvons pas estimer de façon certaine les profits que l'entreprise sera capable de générer à l'avenir. Notez que la non prise en compte de cet élément revient à dire que nous valorisons le savoir faire et les bénéfices futurs pour 0 - ils sont donnés gratuitement ! - ce qui accroît davantage notre marge de sécurité.

A noter par ailleurs, que depuis mars 2008, Patrick BINDSCHEDLER - membre du conseil de surveillance - a racheté sur le marché 2 815 titres à un prix moyen de 178,6 EUR par titre, ce qui correspond à un montant total de 502 805 EUR.
Déclarations AMF ici : http://www.amf-france.org/inetbdif/sch_cpy.aspx?slttypeindex=0&txtfind=COFIGEO&idtxtfind=1189&varvalidform=on&action=view&sltday1=&sltmonth1=&sltyear1=&sltday2=&sltmonth2=&sltyear2=&btnvalid.x=22&btnvalid.y=9&view=dec

Nous estimons qu'il détient directement ou indirectement plus de 15% des titres de COFIGEO.

Patrick BINDSCHEDLER est à la tête du groupe Massilly, actif dans la fabrication d'emballages métalliques depuis 3 générations avec un chiffre d'affaires de 200 M EUR.

L'activité du groupe Massilly et de COFIGEO sont verticalement complémentaires. Nous ne nous prononcerons pas sur une possible prise de contrôle larvée ou officielle (OPA ?) de Massily sur COFIGEO qui pourrait être source de synergies intéressantes.

Comptes consolidés COFIGEO 2008 : ici
Rapport semestriel COFIGEO S1 2009 : ici

ATTENTION
Nous mettons en garde nos lecteurs qui sont intéressés par ce titre sur la très faible liquidité de l'action. Investissez dans un objectif long terme et passez des ordres à des cours limités.

Cours le jour de la publication = 171,00 EUR
Conseil : ACHAT

mercredi 21 octobre 2009

Les leçons de Sir Templeton


Décédé voici plusieurs mois, Sir John Templeton n’était pas seulement un grand philanthrope, c’était aussi un des plus grands investisseurs du vingtième siècle et le fondateur du célèbre fonds Templeton Growth.

Tout investisseur devrait de temps à autre relire les leçons de cet homme à qui nous devons notamment la pensée selon laquelle les marchés haussiers naissent dans le pessimisme et meurent dans l’euphorie…

C’est également Sir John Templeton, dont les placements ont en moyenne fait 3% de mieux que l’indice mondial des actions chaque année pendant quarante ans, qui, en 2003, avait fait part publiquement de son inquiétude à propos de l’énorme hausse des prix de l’immobilier aux Etats-Unis. On connaît la suite…

Ses règles d’or en matière de placements.

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

Les règles d’or de Sir Templeton

• Soyez réaliste

Ne pensez pas que la spéculation boursière vous permettra de gagner le gros lot, elle mène le plus souvent à des pertes.

Evitez également d’acheter ou de vendre à l’excès car tous ces frais de transaction pèseront sur le rendement.

Gardez toujours l’esprit ouvert

Ne vous limitez pas à un seul secteur, mais optez pour un portefeuille largement diversifié. Il y a de jolis coups à réaliser dans tous les secteurs.

Evitez l’esprit grégaire*

Si vous investissez toujours comme tout le monde, vous obtiendrez les mêmes résultats… que tout le monde. Osez aller à contre-courant.

• Rien ne dure éternellement

N’hésitez pas à remettre régulièrement vos placements en question. Demandez-vous ainsi chaque fois, en regard des différentes évolutions, si les raisons qui vous ont fait opter pour tel ou tel placement sont toujours d’application.

Testez régulièrement de nouvelles méthodologies

Plus une méthodologie est appliquée par un nombre élevé d’investisseurs, plus elle perd de sa valeur.

Evitez ce qui est populaire*

Les meilleures opportunités se trouvent là où le public ne regarde pas. Certains secteurs ou niches où règne une grande panique offrent les meilleures chances.

• Tirez les leçons de vos erreurs

Si vous n’apprenez rien de vos erreurs, vous les répéterez inévitablement. Gardez-vous par exemple de penser qu’il peut exister des conditions inédites susceptibles de justifier certains cours injustement élevés. La bulle éclatera inévitablement tôt ou tard.

Achetez en période de pessimisme et vendez en période d’optimisme

Cela peut paraître une évidence, mais nombreux sont ceux qui l’oublient encore souvent.

*les conseils les plus pertinents à nos yeux.

Article issu du site de Lupus : http://lupus1.wordpress.com/2009/10/20/les-lecons-de-sir-templeton/

dimanche 18 octobre 2009

Quoi de neuf sur nos chantiers ?


Nos deux entreprises de BTP favorites :
Moury Construct et INFE ont publié leurs comptes semestriels. Nous allons profiter de ces publications pour faire une mise au point sur ces deux titres que nous conseillons à l'achat. Tout d'abord, vous pouvez juger par vous même des résultats au 30.06.09 avec les liens suivants :

- Comptes S1 2009 de INFE : ici
- Comptes S1 2009 de Moury : ici


Comme nous l'avons expliqué dans un précédent article, nous pensons que l'investiseur dans la valeur a tout intérêt à penser relatif. Ci-dessous nous avons synthétisé les principales informations qui nous intéressent pour chaque titre : fonds propres retraités par action (fonds propres retraités des actifs incorporels et des goodwill), trésorerie nette par action (trésorerie retraitée des dettes court terme et long terme), rentabilité et carnet de commandes.


Pour information, les cours de référence retenus pour la présente analyse sont ceux du vendredi 16.10.09 à la clôture.

INFE = 47,90 EUR
Moury Construct = 92,0 EUR

(1) Nous n'avons pas pris en compte dans le retraitement des fonds propres de INFE la sous-valorisation des immeubles de placements américains pour 3 M EUR pour rester dans l'esprit conservateur de la direction. Si vous souhaitez les réintégrer vous obtenez 54 EUR de fonds propres, soit 112% du cours de l'action.

(2) Il nous semble important de préciser que la marge opérationnelle a été négativement impactée par l'activité promotion immobilière. Si nous ne considérons que l'activité BTP, la marge opérationnelle ressort à 10,0%.


Conclusion

Les deux entreprises sont en excellentes santé financière puisqu'elles n'ont aucune dette financière si l'on considère leur importante trésorerie. Notons toutefois que la trésorerie nette de INFE a baissé du fait de la mise en place d'une ligne de crédit de 10 M EUR durant ce premier semestre.

INFE présente l'intérêt de posséder des actifs tangibles par action plus importants (107% contre 78% pour Moury Construct). Par contre, l'entreprise de BTP française souffre sur ses activités de promotion immobilière. Nous pensons néanmoins que l'approche conservatrice (provisions importantes + discours clair) et l'impact non récurrent de ce phénomène ne doivent pas dissimuler la bonne rentabilité de l'activité principale de BTP. Par ailleurs, une reprise du secteur immobilier ne pourra que renforcer la rentabilité et la structure financière de l'entreprise.

En ce qui concerne la rentabilité opérationnelle des deux entreprises, en considérant un secteur qui fait généralement une marge très faible, nous pouvons considérer que nous avons là deux champions en la matière (9,0% pour Moury Construct et 7,4% pour INFE - 10,0% pour l'activité BTP seule). Les directions des deux entreprises privilégient en effet la qualité des prises de commande en terme de marge plutôt qu'en terme de volume même en temps de crise : remarquable ! C'est d'ailleurs tout dans l'intérêt de l'actionnaire.

La visibilité est elle aussi également très bonne. INFE a un chiffre d'affaires garanti jusqu'au 31.08.10 et Moury Construct jusqu'au 30.06.10.

La liquidité des titres est toujours très faible, néanmoins dans le cadre d'un investissement à long terme, nous pensons qu'acheter les titres de ces deux entreprises représentent des risques très limités pour un potentiel de gain important.

Depuis nos conseils d'achats en date du 24.04.09, INFE a réalisé une performance de +37,6 % (dividende inclus) et Moury Construct depuis le 20.06.09 nous a rapporté +15,1 %.

Que pensez-vous de nos deux titres BTP favoris ? Lequel préférez-vous ?

dimanche 4 octobre 2009

Bruce C. Greenwald et l'investissement dans la valeur

Vous trouverez ci-dessous une vidéo qui explique l'approche de Greenwald (professeur à l'Université de Columbia).



Nous avons résumé son approche ci-dessous.

Lors de ses recherches de valeurs, il se concentre uniquement sur les valeurs obscures et indésirables.

Obscure
  • petites capitalisations
  • spin-offs
  • ennuyantes (peu suivies par les analystes)
Indésirable
  • problèmes financiers
  • faible croissance / faible PER
  • secteur "mal aimé"
Processus d'investissement dans la valeur
  1. recherche : bon marché, démodé, obscure et ignorée
  2. évaluation : des actifs de qualité, capacité à générer du cash, franchise
  3. revue : identification des indicateurs clefs de performance, existence de collatéraux, connaissance personnelles du secteur
  4. gestion du risque : marge de sécurité, diversification, patience.
Que pensez-vous de l'approche de Greenwald ?

jeudi 1 octobre 2009

Reporting mensuel - Septembre 2009

Vous trouverez ci-dessous le reporting du mois de septembre.

Deux conseils uniquement : achat ou vente.

Vous pouvez télécharger le fichier du mois de septembre au format .PDF ici : fichier pdf: 2009.09 - Reporting mensuel.pdf


Commentaires du mois :
Les comptes semestriels de Idsud ont été publiés.

Vie des titres

INFE
A fin septembre la société détient 38 599 titres (3,22% du capital) rachetés dans le cadre du programme de rachat d'actions.

IDSUD
En attente de la publication des résultats 2008 de la Française des Jeux prévue initialement en juin 2009 pour compléter l'analyse de la société.
Perte de 2,2 M EUR au S1 2009 essentiellement due au lancement de l'activité jeux en Afrique (dixit la direction).

Moury Construct
RAS

Orsus
RAS.

Rendement moyen

Depuis la publication des analyses, le rendement moyen est de 14,4 %.

N'hésitez pas à consulter les analyses de Valeur et Profit.